Crise haïtienne : plaidoyer de Me Camille Occius sur l’insécurité et la crise humanitaire devant le Sénat et les députés canadiens

Le Directeur exécutif de l’Organisation des Citoyens pour une Nouvelle Haïti (OCNH), Camille Occius, a tiré la sonnette d’alarme sur la situation en Haïti lors de son intervention devant le Comité sénatorial permanent des affaires étrangères et du commerce international du Canada, le jeudi 7 mai 2026. Face aux sénateurs canadiens, il a dressé un tableau préoccupant de la crise sécuritaire, humanitaire et institutionnelle qui secoue le pays.

Au nom de l’OCNH, Me Occius a remercié les autorités canadiennes pour leur invitation et salué le soutien du Canada à la Police Nationale d’Haïti (PNH) ainsi qu’au système judiciaire haïtien. Selon lui, cet appui représente un levier important dans un contexte marqué par l’affaiblissement des institutions publiques et la progression des groupes armés.

Au cours de son intervention, le responsable de l’OCNH a rappelé que l’année 2024 avait été particulièrement meurtrière pour la population haïtienne. Citant des données des Nations unies, il a indiqué que plus de 8 400 personnes avaient été tuées, blessées ou enlevées à travers le pays. Il a également souligné que l’expansion des gangs armés avait provoqué le déplacement forcé de plus de 580 000 personnes, majoritairement des femmes et des enfants vivant dans des conditions de grande précarité.

Me Occius a aussi insisté sur la détérioration des conditions sociales en Haïti. Selon lui, près de cinq millions de personnes sont confrontées à l’insécurité alimentaire, tandis qu’environ trois millions d’Haïtiens risquent l’apatridie en raison de l’absence de documents d’état civil, notamment des actes de naissance. Une situation qui, d’après ses propos, fragilise l’accès aux droits fondamentaux et compromet la participation citoyenne.

Le directeur exécutif de l’OCNH a également évoqué les difficultés liées à la lutte contre la corruption. Il a rappelé que l’Unité de lutte contre la corruption (ULCC) avait transmis plusieurs rapports d’enquête à la justice ces dernières années, sans qu’ils ne débouchent sur des condamnations significatives. À ses yeux, cette absence de suivi judiciaire contribue à renforcer le climat d’impunité dans le pays.

Abordant la question politique, Me Occius a dénoncé l’impasse électorale qui perdure depuis plusieurs années en Haïti. Il estime que l’absence d’élections et la paralysie du système judiciaire alimentent la crise de gouvernance et favorisent l’instabilité.

A rappelé que le Directeur exécutif de l’Organisation des Citoyens pour une Nouvelle Haïti (OCNH), Me Camille Occius, a intervenu le 4 mai dernier par devant le Sous-comité des droits de la personne de la Chambre des communes du Canada. Devant les parlementaires canadiens, l’OCNH a formulé plusieurs recommandations, dont la modernisation du système d’état civil, la mise en place de mécanismes de protection pour les personnes déplacées, l’organisation d’élections crédibles et transparentes ainsi qu’un renforcement du soutien à la société civile et aux institutions de contrôle.

L’organisation a également plaidé pour une aide internationale davantage orientée vers les causes profondes de la crise, notamment la corruption et le trafic d’armes, plutôt qu’une simple réponse sécuritaire.

En conclusion, Camille Occius a affirmé que le peuple haïtien ne réclame pas de charité, mais des partenariats durables capables de soutenir la justice, les droits humains et la stabilité du pays.

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