À l’occasion du 39e anniversaire de la Constitution de 1987, l’ancien président du Sénat, Simon Dieuseul Desras, lance un appel pressant à la Nation, dénonçant une crise profonde de la démocratie et un affaiblissement sans précédent des institutions républicaines en Haïti.
Dans ce message adressé aux citoyens, à la jeunesse et aux forces vives du pays, l’ancien parlementaire rappelle que la Constitution adoptée le 29 mars 1987 représentait un « pacte sacré » scellant l’engagement du peuple haïtien en faveur de la démocratie, de la souveraineté et de la justice sociale, après la fin de la dictature. Selon lui, ce texte fondamental constituait bien plus qu’un cadre juridique : il incarnait l’espoir d’un État fondé sur le droit et l’équilibre des pouvoirs.
Cependant, près de quatre décennies plus tard, le constat dressé est alarmant. Simon Dieuseul Desras évoque une « trahison » de l’esprit de 1987, pointant du doigt la violation systématique des lois et la confiscation de l’État par des intérêts particuliers. Il déplore une situation où le peuple haïtien, confronté à l’insécurité, à la misère et à l’exclusion, voit ses droits fondamentaux constamment bafoués.
L’ancien sénateur critique également le document intitulé « Pacte de Gouvernabilité », qu’il considère comme une initiative unilatérale visant à consolider le pouvoir exécutif au détriment des principes démocratiques. Il met en garde contre un flou institutionnel favorisant l’arbitraire, ainsi que contre la création d’organes jugés inefficaces et dépourvus de véritable pouvoir de contrôle.
Dans son analyse, la crise actuelle dépasse le cadre politique pour devenir une menace existentielle pour l’édifice républicain. Il souligne notamment l’absence totale de représentants élus, la paralysie du Parlement et des collectivités territoriales, ainsi que l’affaiblissement du pouvoir judiciaire. Cette situation, marquée par l’absence d’élections depuis plusieurs années, traduit selon lui une rupture du contrat social et une érosion de la légitimité démocratique.
Face à ce qu’il qualifie de « dérive autoritaire » et de concentration excessive des pouvoirs, Simon Dieuseul Desras appelle à une prise de conscience collective. Il insiste sur la nécessité d’un véritable consensus national pour encadrer toute transition politique, en opposition à des accords conclus sans consultation populaire.
S’adressant particulièrement à la jeunesse haïtienne, il l’exhorte à jouer un rôle actif dans la reconstruction nationale. « La solution sera haïtienne ou elle ne sera pas », affirme-t-il, plaidant pour une mobilisation fondée sur l’unité, la solidarité et le respect des principes constitutionnels.
En conclusion, l’ancien président du Sénat appelle l’ensemble des acteurs politiques, de la société civile et des institutions à privilégier l’intérêt général et à œuvrer pour la restauration de l’État de droit. Il invite à reconstruire les institutions, à garantir les libertés fondamentales et à remettre le pays sur la voie du progrès.
À l’heure où Haïti traverse une période de grande incertitude, ce 39e anniversaire de la Constitution de 1987 se présente ainsi comme un moment de réflexion, mais aussi comme un appel au réveil patriotique.


